VICE Sportshttps://sports.vice.com/frRSS feed for https://sports.vice.comfrThu, 09 Nov 2017 09:51:18 +0000<![CDATA[Sosh Urban Motion 6e édition : une fin en apothéose]]>https://sports.vice.com/fr/article/3kvv58/sosh-urban-motion-6e-edition-une-fin-en-apotheoseThu, 09 Nov 2017 09:51:18 +0000Cet article a été réalisé avec la collaboration SOSH dans le cadre du contest Sosh Urban Motion.


Imaginez un endroit street avec de nombreux graffitis, des concurrents de haut niveau, une ambiance festive, live paiting, un public satisfait, un DJ survolté : vous avez la recette de la soirée de clôture de la 6e édition de la Sosh Urban Motion. Dès 18h (ouverture des portes), le public était déjà présent ainsi que les riders pros et amateurs. L'entrée gratuite avait clairement rameuté un public d'initiés & non-initiés.


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<![CDATA[Matthias Dandois : le boss du Flat revient sur ses débuts ]]>https://sports.vice.com/fr/article/wjxp3w/matthias-dandois-le-boss-du-flat-revient-sur-ses-debutsThu, 28 Sep 2017 16:18:39 +0000 Cet article a été réalisé avec la collaboration SOSH dans le cadre du contest Sosh Urban Motion. Pour plus d'information cliquez ici.


À 28 ans, le Français Matthias Dandois est l'une des figures de proue du BMX Flat, cette discipline qu'on pourrait décrire comme du breakdance mais avec un vélo. Il a répondu à nos questions depuis Edmonton, au Canada, où se tenait une étape du Fise, pour qu'il nous parle de ses débuts et de la manière dont on devient l'un des riders les plus influents de sa génération. Depuis, cet hyperactif du guidon a déjà dû enchaîner une demi-douzaine de déplacements, en France et dans le monde. On le retrouvera très bientôt à Paris pour les moments forts du Sosh Urban Motion, le contest de vidéos de BMX filmées au smartphone, organisé par son sponsor depuis six ans.

Salut Matthias. Alors, il paraît que tu as découvert le BMX grâce à Evelyne Thomas ?
Hello ! Yep, c'est pas une légende urbaine. La première fois que j'ai vu du BMX, c'était dans l'émission « C'est mon choix »… Un pro rider de l'époque faisait une petite démo et ça m'a tout de suite plu ! J'avais 12 ans, j'ai demandé un BMX pour Noël et je me suis retrouvé dans la rue avec mes potes qui faisaient du skate, du roller, du BMX... On avait un petit crew qui s'appelait « rider in the shit », on était un peu des petits cons. Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de l'époque. Au fait, merci Evelyne et bisous !

Qu'est-ce qui t'a attiré dans cette discipline ? Pourquoi tu as préféré persévérer là-dedans plutôt que dans des sports que tu pratiquais déjà ?
J'ai toujours fait plein de sports quand j'était gamin : pas mal de foot, d'athlétisme, de handball… Mais ça m'a toujours saoulé, ce concept de se faire crier dessus par un entraîneur névrosé quand tu fais un truc pas comme il faut. Le BMX, c'était un peu la liberté pour moi. Je pouvais faire ce que je voulais sans qu'un mec me dicte ce qui était bien ou pas. Il n'y a pas beaucoup de sport comme ça.

Matthias Dandois en 2005.

Tu as rapidement eu l'opportunité de suivre des cours de BMX, c'est bien ça ? Qui organisait ça ? C'était fréquent, à cette époque ?
Ouais, c'est un peu un miracle, mais il y avait un club de BMX Flat à 10 minutes de chez moi, c'était vraiment mortel ! C'était un pro de l'époque qui s'appelle Carlos Leal qui organisait ça dans un gymnase couvert. Trois fois par semaine pendant deux ans, il m'a appris toutes les bases du BMX sans jamais me crier dessus, et j'ai pu progresser rapidement.

Deux ans après tes débuts, tu faisais tes premières compétitions. C'était la cata ou tu t'en es tiré honorablement ?
Oui, le contest s'appelait le « Circle Cow » [Ici lors de sa première participation en pro, deux ans plus tard – Il finira cinquième]. C'était à Servon, dans le 77. C'était un gros truc à l'époque. Et c'était la première fois que j'étais vraiment confronté à la culture BMX : voir les pros rouler en vrai, les sponsors, la musique, le style... J'ai gagné la compétition en amateur, j'étais tellement heureux. Ce moment a bouleversé ma vie.

D'ailleurs, est-ce qu'il y a des tricks que tu adorais et qui sont devenu hyper ringards ? Et d'autres qui sont redevenus à la mode ?
Bien sûr ! Le BMX, c'est comme la mode, c'est un éternel recommencement. Ce qui est chanmé, c'est que tu peux te servir d'une base pourrie pour en faire un bon trick. En ce moment, je fais pas mal de trucs en footplant (en posant un pied au sol). C'était naze y'a 10 ans, maintenant c'est un peu classe.

Par la suite, tu as fait la rencontre d'Alex Jumelin. C'est ça qui a été déterminant ?
Oui, carrément. Il faut savoir que j'étais un méga fanboy d'Alex, à cette époque : Posters dans la chambre et compagnie ! Il organisait une compétition chaque année dans sa salle à Achères, la « Ninja Spin ». En 2004, j'ai gagné le contest en amateur, en arrivant 30 secondes avant mon run (j'avais fait de la merde sur l'horaire). Ça l'a fait rigolé, on a sympathisé et à partir de ce moment-là, il m'a un peu pris sous son aile. J'allais dans sa salle pour m'entraîner, j'allais en compétition avec lui et tout le crew Stereo Panda (Jimmy Petitet, Raphael Chiquet, Lionel Cardoso…). J'ai eu mes premiers sponsors grâce à lui… Bref, je lui dois énormément. Je le considère comme mon frère à part entière, c'est au-delà de l'amitié.

Tu es passé pro vers l'âge de 17 ans, c'est ça ? Qu'est-ce que tu t'es dit ? « Cool je vais pouvoir en vivre » ou « cool, je vais avoir des pompes gratos » ?
Une de mes premières compétitions en pro, c'était les BMX Masters à Cologne, en 2006. J'ai pas trop mal ridé et la team manager Adidas était là. Alex, qui était sous contrat chez eux à l'époque me l'a présentée et deux mois plus tard, je signais un contrat pro chez eux. J'avais 16 ans et aucune idée de ce qui m'arrivait. J'allais au lycée la semaine et le week-end, je partais faire des compétitions, à droite, à gauche. J'ai commencé à voyager aux États-Unis, au Japon, à faire les plus grosses compètes avec les meilleurs pros internationaux, à avoir mes premiers contrat de sponsors… C'était parti !

Tes premières grosses victoires en compétition, c'était quoi ?
Ma première grosse victoire, c'est la Voodoo Jam à La Nouvelle-Orléans, en 2007. Je crois que ça m'a débloqué, je me suis dit : ça y est, j'ai des tricks qui me permettent de gagner des compètes pro. J'étais tellement motivé ! Je m'entraînais huit heures par jour : c'est l'époque où j'ai le plus progressé. Mais je galérais quand même avec l'argent : ça coûte cher, les voyages ! Au point de me dire que je devais peut-être mettre ma carrière entre parenthèses et aller à la fac. En 2008, Red Bull est arrivé en France et m'a pris dans le team. Ça a clairement changé ma vie. J'avais un budget voyage illimité, ce qui m'a permis de faire le circuit mondial et de gagner les championnats du monde en 2008. Après ça je suis rentré chez Vans et j'ai commencé à bosser avec un agent – je bosse toujours avec lui aujourd'hui et je vis la vie dont j'ai toujours rêvé. C'est assez incroyable et j'en suis reconnaissant chaque jour.

Depuis, en gros tu as tout gagné. Et maintenant, tu as envie de transmettre. Tu vas faire ça comment ?
Oui. C'est l'essence même du BMX, la transmission. C'est hyper dur d'apprendre une figure quand tu n'as aucun conseil. Alors j'ai fait des tutos sur Youtube. Ca s'appelle « Can You Make it! » et je pense que c'est une bonne base pour apprendre. Je vais aussi aider Alex Jumelin dans son académie du Flat, qui sera à côté de Montpellier. Ce projet est vraiment chanmé. On a aussi des idées de compétitions pour 2018 avec Alex, dans lesquelles on serait ambassadeurs et juges, et pas riders. Plein de choses pour développer la discipline, quoi…

C'est important pour toi d'aider cette scène à se développer ?
C'est pas important, c'est absolument obligatoire. La discipline évolue tellement en ce moment, et la France a l'une des meilleures scène du monde en BMX Flat. J'ai eu la chance d'avoir des personnes qui m'ont aidé quand j'étais gamin, alors je veux redonner ça à la nouvelle génération.

Pour finir, là tu reviens du Canada, où tu as ridé un vélo différent de d'habitude, tu peux m'en dire un mot vite fait ?
Yes ! J'ai monté un vélo dessiné en 1987, juste pour rigoler. C'est un Haro Master. C'est plus long, plus lourd et plus encombrant que mon vélo de d'habitude mais c'est hyper drôle à rider… Et j'ai gagné la compète avec, haha !

Héhé. Pour finir, c'est quoi tes projets pour la fin de l'année ? On va te retrouver à l'affiche d'une comédie française en 2018 ?
Ouais, je pars filmer à la fin du mois et jusqu'à mi-novembre, pour un long-métrage. Merci à Axelle Laffont pour l'opportunité, ça va être vraiment intéressant je pense… Il y a aussi une dernière compétition qui est bien fat à Kobe au Japon, le Flatark. Je vais aller y faire un tour. Allez, bisous !

Cet article a été rédigé dans le cadre du Sosh Urban Motion et a été créé indépendamment de la rédaction de VICE. Pour plus d'information cliquez ici.

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wjxp3wMaxime BrousseLouis DabirInterviewBMXsports extrêmes
<![CDATA[Grenoble-Red Star : l'amour est dans le kop]]>https://sports.vice.com/fr/article/9k3a37/grenoble-red-star-lamour-est-dans-le-kopWed, 20 Sep 2017 12:23:00 +0000 VICE et le Red Star se sont associés pour suivre la saison des Vert et Blanc de Saint-Ouen sur et hors des terrains, auprès des joueurs, du staff, des supporters et de tous ceux qui gravitent autour de ce club historique du foot français. Aujourd'hui, on vous parle de l'amitié entre les ultras audoniens et grenoblois, qui perdure depuis plusieurs années.

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L'été a rendu les clés bien tôt cette année. Il pleut sur Grenoble. Sans arrêt. Pas une franche averse, pire, le genre de précipitation sournoise qui trempe les os. Quelque part, c'est à ce type d'intempéries que le connaisseur reconnaît les « vrai(e)s ». Ceux qui, à l'instar des supporters du Red Star, viennent d'enquiller huit heures en bus pour débarquer à l'heure du petit-déjeuner sur Grenoble, et repartiront le soir même à 22 heures. Ils semblent complètement indifférents au ciel qui s'assombrit au-dessus d'eux avec l'assurance des vieux briscards napoléoniens. « Les déplacements, c'est ce qui forge un groupe, rien ne remplace cela », peut philosopher Darch, membre du Collectif Red Star Fans. Impossible de le contredire. Il faut s'aimer pour rester aussi longtemps ensemble pour passer un peu plus de 90 minutes dans un stade anonyme du National.

Bref, pour en revenir à la vérité du terrain comme dissertent les plateaux télé, en ce 9 septembre pluvieux, l'étoile rouge vient défier Grenoble (on vous épargne l'étoile des neiges), l'un de ses principaux rivaux dans ce début de championnat de National. Avec au bout, l'espoir de décrocher le Graal, l'objectif d'une remontée en Ligue 2 pour de nouveau s'asseoir à la table des hautes instances de l'élite professionnelle de notre foot hexagonal. Les deux pensionnaires de la troisième division en rêvent. Ils ont connu l'ivresse des multiplex et veulent renaître véritablement après une traversée plus ou moins longue dans les limbes des divisions inférieures et « régionalisées ». Pour eux, ce championnat a des airs de purgatoire.

Le Red Star est toujours invaincu cette saison

Il faut dire que cette belle discussion se déroule au bar du stade, ou les deux kops éclusent les pintes de blonde en attendant que le match débute. Une foule paisible mélangeant skins au tee-shirt de Cock Sparrer, ultras en Stone Island, et maman devant sa poussette recouverte d'une écharpe grenobloise. Les clients du buffet asiatique à volonté au fond doivent se demander ce qu'il se passe.

Pour respecter malgré tout les rituels, les deux « firms » vont simuler un petit fight avec pétards et fumis, insultes à deux balles et beaucoup de poses guerrières. Avant de se séparer sur un somptueux : « Bon, soyez sage le Red Star. »

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<![CDATA[Au tour de Layvin Kurzawa de goûter aux joies du chantage à la vidéo]]>https://sports.vice.com/fr/article/8x8ne4/au-tour-de-layvin-kurzawa-de-gouter-aux-joies-du-chantage-a-la-videoMon, 18 Sep 2017 08:57:45 +0000Sale période pour Kurzawa. Le latéral parisien, critiqué pour ses performances décevantes avec le PSG, et surtout avec l'équipe de France, avait en fait une bonne raison d'être moins saignant sur les terrains.

D'après les informations d'Europe 1, l'ancien joueur de Monaco était empêtré dans une affaire de chantage à la vidéo. Sur le fond, rien à voir avec la fameuse sextape de Mathieu Valbuena, mais sur la forme, le principe reste le même. Des malfaiteurs ont réussi à récupérer un enregistrement d'une soirée de Kurzawa, passée dans un bar à chicha parisien, où le joueur, visiblement en confiance et dans un cadre privé, se permet de bâcher Didier Deschamps sans trop prendre de pincettes. Résultat, les lascars qui étaient parvenus à se procurer l'enregistrement lui réclamaient 100 000 euros pour ne pas diffuser la vidéo.

Quand il découvre l'embrouille dans laquelle il se retrouve empêtré, l'arrière gauche n'hésite pas bien longtemps et prévient la police. L'Office central de lutte contre le crime organisé se fait alors passer pour un intermédiaire pouvant mettre en contact les malfaiteurs avec Kurzawa. Ils acceptent le rendez-vous qui leur est fixé, mais comptent bien doubler tout le monde en agressant le joueur à la sortie de son domicile et en lui piquant ses 100 000 euros. Mais les enquêteurs, qui avaient mis sur écoute les portables de la bande, ont pu éventer le coup et devancer les malfaiteurs.

Toujours plus scrutés, toujours plus exposés, et surtout toujours plus riches, les footballeurs deviennent des cibles de choix des escrocs et autres maîtres-chanteurs. Désormais, comme l'évoquait L'Equipe magazine dans un numéro du mois d'avril dernier, les centres de formation ont intégré les dangers auxquels pouvaient être exposés les jeunes joueurs. Questions pièges des médias, comportement irréfléchi sur les réseaux sociaux, à la manière d'Adrien Rabiot dernièrement, drogues et alcools à disposition dans les soirées dont ils sont souvent les rois, tentatives de séduction parfois intéressées de la gent féminine et désormais affaires de chantage : les carrières pro des joueurs regorgent de pièges dans lesquels il est facile de tomber.

On ne va pas se mentir, mais depuis son geste ridicule lors d'un match avec l'équipe de France espoir contre la Suède, on se disait un peu que Kurzawa, déjà épinglé pour une affaire de fraude au permis de conduire, risquait encore de faire parler de lui.

On vous la remet, juste pour le plaisir

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<![CDATA[Grimper la peur en tête]]>https://sports.vice.com/fr/article/8x9jek/grimper-la-peur-en-teteMon, 18 Sep 2017 08:43:37 +0000Pour lui, tout a commencé à 11 ans, lors d'un de ces après-midi de l'adolescence égayés par l'absence d'un prof, synonyme de fin des cours anticipée. De retour du collège, Alain Robert, arrivé au pied de l'immeuble familial, observe un instant l'appartement de ses parents, situé tout là-haut, au septième étage. C'est là qu'il se lance : « Je n'avais pas mes clés, du coup je me suis dit "allez, c'est maintenant". J'ai commencé à grimper le long de l'immeuble. » 44 ans après cette première ascension, Alain Robert est maintenant connu dans le monde entier sous le surnom de "Spiderman français". L'homme-araignée venu de Saône-et-Loire est un des grimpeurs en solo intégral les plus chevronnés, célèbre pour avoir gravi sans corde quelques-uns des plus hauts gratte-ciel, mais aussi les falaises les plus techniques de la planète.

Pourtant, il l'assure, Alain Robert est « comme tout le monde sur un point » : il ressent la peur, l'appréhension de manquer une prise et de chuter. Mieux, il l'a expérimentée dès son plus jeune âge, et en garde un souvenir aussi aigu que précis : « La première fois que je me suis rendu compte que j'avais peur du vide, j'étais en voiture avec mes parents. On allait de Lyon à Toulouse et on passait par les gorges du Tarn. J'avais l'impression que la voiture allait être engloutie dans des précipices insondables », poursuit-il, plongé dans ses images d'enfance. Mais en cette fin d'après-midi de sortie de cours, la peur ne l'a pas empêché de gravir la façade de l'immeuble de ses parents. Un baptême du feu qui opère comme une révélation : « Ce moment était fondateur car j'ai immédiatement senti que ma concentration me permettait d'évacuer ma peur. En 2017, cette loi fonctionne toujours. Et en plus sur des bâtiments bien plus difficiles, parce que même si à l'époque, ça me paraissait être une performance, c'était très accessible. Il y avait des balustrades et beaucoup de prises ! », s'amuse-t-il aujourd'hui.

De la tendre jeunesse à l'âge mur, la peur – du vide, de la chute, de la mort – est la compagne des tous les grimpeurs. Chevronnés ou inexpérimentés, elle les habite, les traverse, et chacun à sa manière apprend à la dompter, l'apprivoiser, ou simplement à l'accepter selon les cas. A bientôt 55 ans, Alain Robert est de ceux qui acceptent que la peur soit présente, tapie au fond de lui. Pour ne pas la subir, il n'envisage qu'un seul remède, expérimenté dès ses débuts le long des murs du foyer parental, la concentration : « Le seul moyen d'éviter que la peur ne t'envahisse et te tétanise, c'est de rester concentré sur l'instant présent et le geste suivant. Mais pour le reste, il n'existe pas de recette miracle, encore moins de routine qui permette de lutter contre. »

Alain Robert en pleine ascension en solo intégral (sans corde) de la falaise de "l'Abominable homme des doigts" à Cornas, en Ardèche, en 1990.

Vaincre son ennemi intérieur, ou plutôt l'accepter, pour mieux en faire son allié. C'est un peu la philosophie d'Alain Robert, pour qui la vie aurait finalement beaucoup moins de saveur sans la peur : « C'est personnel et plein de gens n'ont pas besoin de ça, mais risquer sa vie permet de comprendre encore mieux sa valeur. A chaque fois qu'on la met en danger, on s'en rend un peu plus compte. L'escalade, c'est un acte de foi et de confiance en soi. La peur en fait partie intégrante, c'est ce qui nous fait rester en vie. »

Le 7 juin dernier, Alex Honnold, le roi de la grimpe en solo intégral, a réalisé son plus grand acte de foi en lui-même en gravissant sans corde El Capitan, une falaise de 900 mètres située dans le parc du Yosemite aux Etats-Unis. Une performance qui a suscité un emballement médiatique autour du personnage, présenté comme "l'homme qui ne connaît pas la peur". Cette réputation qui poursuit Alex Honnold, bâtie autour d'une étude scientifique de son cerveau révélant que son complexe agmydalien, la partie du cerveau qui ressent la peur, est moins sensible que la moyenne, n'a pas empêché le principal intéressé de répondre comme tous ses confrères dans une interview au National Geographic : « J'ai le même espoir de survie que n'importe qui. Je ne veux pas mourir. Du moins, pas tout de suite. Je pense que j'accepte simplement plus l'idée de devoir mourir un jour. Je le comprends mais je ne veux pas m'épargner en chemin. Je veux vivre d'une certaine manière, qui demande de prendre un nombre de risques important, et ça me va. »

« J'étais tombé de 15 mètres sur la roche sur les avant-bras, qui avaient servi d'amortisseurs et m'avaient évité un trauma crânien encore plus lourd. »

Alain Robert, grimpeur français surnommé le spiderman français.

A côtés des radicaux de l'escalade que sont Alain Robert ou Alex Honnold, spécialistes du solo intégral, d'autres grimpeurs ont développé un rapport différent à leur discipline. Ainsi, Stéphanie Bodet, lauréate de la Coupe du monde de bloc et des X Games en 1999, reconnaît « ne pas appartenir à cette catégorie de puristes qui frisent le danger constamment », puristes à qui elle voue une grande admiration. Egalement professeur de lettres et auteure du livre A la verticale de soi, elle aussi accepte la peur, « un sentiment qu'il faut réhabiliter, qui n'a rien de honteux et qui permet de rester en vie. »

Quelques images de l'ascension d'Alex Honnold le long de la falaise d'El Capitan

Si elle n'est pas une « puriste » du danger, Stéphanie Bodet a tout de même réalisé plusieurs ascensions exceptionnelles, dont celle du Salto Angel, la plus haute chute d'eau au monde, située au Venezuela, aux côtés de son compagnon et ancien vainqueur de la Coupe du monde d'escalade de difficulté Arnaud Petit. En 2006, ils passent ensemble quinze jours le long de cette falaise humide et glissante, un exploit. Pour tout grimpeur capable de se confronter à un tel niveau de difficulté avec succès, un danger poind alors. Celui de la démesure, du sentiment de quasi-invincibilité, qu'il faut combattre : « Au retour de certaines grosses expéditions, on s'est dit qu'on pouvait tout faire. Après le Salto Angel, tout nous paraissait facile. On a eu une boulimie d'expéditions. Le risque à ce moment, c'est de se retrouver dans une surenchère permanente. Mais je n'ai pas l'impression de chercher à côtoyer la mort, parce que cette ascension m'a aussi montré que je ne voulais pas toujours me frotter à des choses très compliquées. Je monte moins pour la performance que pour le plaisir maintenant. »

La mort, justement, Stéphanie et Arnaud l'ont évoquée ensemble. Comme tout couple l'aurait fait, avec tout de même la question supplémentaire de ces ascensions à deux. Stéphanie Bodet se définit comme « une idéaliste », quelqu'un qui « essaye de ne pas penser à ce qui peut arriver de pire ». C'est donc son compagnon, Arnaud Petit, qui a abordé le sujet : « Ce devait être au bout de 5 ou 6 ans d'ascensions à deux. Il m'a dit qu'il avait accepté l'idée qu'il pouvait me voir mourir sous ses yeux. Je n'y avais jamais vraiment pensé avant. » Cette peur éprouvée pour l'autre, son compagnon l'a fortement ressentie une fois, alors que le couple ouvrait une voie au Maroc, dans le Haut-Atlas. Arrivés sans encombre au sommet, ils marchent, lourdement chargés. Stéphanie trébuche, fait un soleil avant de se récupérer in extremis au-dessus d'une falaise de 30 mètres. « Ce jour-là, je me suis demandé : "Après quoi tu cours en fait ?" J'ai continué sur le même rythme et la même intensité de grimpe pendant trois ans, puis j'ai peu à peu baissé le pied. »

Chacun réagit différemment face au danger qui guette ou à la chute qui meurtrit. Si pour Stéphanie Bodet, cet épisode a peu à peu changé son rapport à l'escalade, Alain Robert, lui, n'a pas dévié d'un pouce. Et ce malgré une chute terrible, survenue en 1982 : « J'étais tombé de 15 mètres sur la roche sur les avant-bras, qui avaient servi d'amortisseurs et m'avaient évité un trauma crânien encore plus lourd. Ils étaient complètement éclatés. Je suis resté un moment dans le coma. Mais à mon réveil, ma première pensée a été : "Quand est-ce que je vais pouvoir regrimper ?" J'ai gardé le même rapport au risque, au danger et à la peur. » Pourtant, depuis cette chute, Alain Robert souffre de vertiges, « une maladie un peu inconfortable quand on pratique une activité à haut-risque comme moi », ironise-t-il, ce qui ne l'empêche pas de continuer à escalader des buildings lisses comme la paume de la main.

Stéphanie Bodet en action. Photo Benoît Robert

A bientôt 55 ans, Alain Robert n'a plus les mêmes capacités physiques que dans les années 90, d'autant que ses sept chutes lui ont valu quelques pépins de santé, au poignet, au genou, aux doigts, au pied et à une cuisse. Il continue néanmoins à tenter des ascensions certes moins difficiles, mais tout aussi exigeantes pour son corps d'aujourd'hui : « C'est comme avec un compte-tour, une Ferrari, elle passe dans le rouge à 8000, une Renault à 4-5000. Avant j'étais une Ferrari, maintenant je suis une Clio ! J'ai toujours envie de faire les choses à la limite, mais avec mes limites d'aujourd'hui. C'est ce que j'aime dans l'escalade. Malgré les limites physiques et malgré la peur, ce qui est bien avec le corps humain, c'est qu'on peut décider ce qu'on en fait. »

C'est une autre composante de la notion de peur et de prise de risque qu'aborde là Alain Robert : à chacun son appréhension du danger, à l'aune de son talent, de sa force physique et de sa stabilité mentale. Ainsi, François Petit, ancien champion du monde d'escalade, ex-entraîneur de l'équipe de France de bloc et accessoirement beau-frère de Stéphanie Bodet, explique qu'il n'a pas eu peur une seule seconde pour Alex Honnold lorsqu'il a vu les images de son ascension : « La peur n'est pas affaire de niveau de difficulté mais de niveau de compétence et de ressenti. Quand je vois Honnold sur El Capitan, j'ai confiance. Je sens qu'il est bien physiquement, qu'il domine la falaise, alors que moi personnellement, je ne ferais pas de solo en 8a par exemple. J'en ai fait un peu sur des voies faciles, mais je ne suis pas Alex Honnold, tout simplement. »

Pour François Petit, la peur peut-être domestiquée grâce à une bonne condition physique, mais aussi et surtout grâce à un état de sérénité mentale minimal car « la peur peut inhiber aussi bien qu'elle peut aider à se dépasser », et ce même en bloc, où la chute est bien moins risquée : « Il y a des moments où on est fatigué ou moins bien dans sa tête, où l'on va prendre moins de risques. Il faut être bien dans sa tête pour faire les bons mouvements, sinon on n'a moins envie de s'exposer et de prendre des risques », juge l'ancien champion.

Dans le Intérieur Sport qui lui est consacré, Adam Ondra, champion du monde de bloc 2016 et star de la discipline, reconnaît ressentir cette même angoisse, qui s'amplifie encore en compétition : « C'est cette peur-là que ressentent tous les grimpeurs. Imaginez-vous aux championnats du monde, qui n'ont lieu que tous les deux ans. Quand vous êtes en finale, vous n'avez que cinq ou six minutes pour valoriser deux ans de travail. La moindre erreur est fatale. Vous pouvez accrocher la mauvais prise, votre pied peut glisser et toutes vos chances s'évanouissent. » Une anxiété comparable à celle d'un sprinter lors d'une finale olympique de 100 mètres qui jouerait 4 ans de prépa intensive sur 10 secondes. Christophe Bichet, ancien préparateur mental de l'équipe de France d'escalade de bloc, était justement chargé d'évacuer cette charge émotionnelle et ce stress. Ou du moins de le limiter au maximum : « Cette peur de l'échec que ressentent les grimpeurs lors des ascensions en falaise ou en bloc, c'est de la construction mentale, des noeuds au cerveau si vous voulez. Mon rôle, c'est plus de la "dépréparation" que de la préparation, je les aide à laisser le corps faire son oeuvre sans que l'esprit ne le parasite. Mais la simplicité est la chose la plus dure à obtenir. »

Et c'est bien ce travail mental, cette recherche de l'envie de mettre son corps à l'épreuve qui plaît à Alain Robert. Le grimpeur ne retrouve cette sensation dans aucun autre sport ni aucune autre activité. Or, cette adversité le confronte constamment aux plus grands défis qui, une fois relevés, lui offrent les plus grands plaisirs : « Inconsciemment, à chaque ascension, le fait de se confronter à la mort revient. On se dit toujours qu'on risque sa vie, même si c'est intérieur et que ça ne dure qu'une petite seconde. Moi c'est ce que je préfère, se dire que rien n'est jamais acquis, qu'il faut sans cesse se confronter à nouveau, c'est ce qui me pousse à continuer après 40 ans de grimpe. J'ai toujours autant envie d'affronter ma peur. »

Cette envie inépuisable et ces plaisirs insondables ont peu à peu créé chez Alain Robert un besoin sans cesse renouvelé de grimper. S'il refuse le terme de dépendance, il reconnaît être « presque shooté à l'adrénaline maintenant » : « Non pas que ce soit une sensation qui me frappe pendant les ascensions, c'est plutôt que je suis super triste si je ne monte pas en solo. Le jour où je ne ferai plus rien, je vais déprimer. Je ne veux pas être le mec qui regarde les photos de ses exploits passés. » Si tôt ou tard, l'âge de la retraite rattrapera Alain Robert, il en est encore bien loin. La silhouette de l'homme-araignée n'a pas fini de se découper sur les buildings du monde entier.

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<![CDATA[Le snowboard français vient de perdre l'un de ses pères fondateurs]]>https://sports.vice.com/fr/article/evpd7z/le-snowboard-francais-vient-de-perdre-lun-de-ses-peres-fondateursFri, 15 Sep 2017 08:52:29 +0000Il faisait partie de cette génération de jeunes gens insouciants et amoureux de la montagne qui se sont mis au snowboard dans les années 80. Jean Nerva, égérie de plusieurs grandes marques de glisse, était l'une des figures de proue de cette nouvelle vague. Il est mort mercredi 13 septembre d'un cancer du cerveau contre lequel il se battait depuis 2013. Il n'avait que 58 ans, mais une vie déjà bien remplie.

Il dominait le snow (champion du monde en 1988 et 1990) à une époque où les compétitions n'étaient pas encore aussi bien structurées qu'aujourd'hui, où elles sont chapeautées par la Fédération internationale de ski (FIS). Son statut de pionnier et d'explorateur lui a valu de jouer le rôle du héros dans un film resté culte, Le Jouet, paru en 1996.

Mais Jean Nerva, homme aux multiples qualités, n'a pas seulement brillé sur une planche. Il se distinguait aussi par son goût pour la musique et son talent particulier au saxo et à la basse, deux instruments qui n'étaient jamais bien loin quand on le croisait. A côté de ces nombreuses activités, il trouvait également le temps de collaborer à plusieurs revues et magazines spécialisés dans les sports d'hiver et la montagne. Il s'est aussi imposé comme un excellent pilote d'enduro, avant d'enseigner la musique à l'école de Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, dont il était originaire.

Pour toute une génération de riders, Jean Nerva était une inspiration, un exemple, un modèle.

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<![CDATA[Pierre-Ambroise Bosse dévoile une photo de lui après son agression]]>https://sports.vice.com/fr/article/8x8a7x/pierre-ambroise-bosse-devoile-une-photo-de-lui-apres-son-agressionFri, 15 Sep 2017 08:43:46 +0000Peu de temps après son titre de champion du monde du 800 mètres, glané à Londres, Pierre-Ambroise Bosse était victime d'une agression le 27 août au matin, sur le parking du casino de Gujan-Mestras en Gironde. Au micro de RTL, le 7 septembre,, il avait indiqué avoir failli perdre son œil tout en rassurant ses suiveurs et autres supporters.

Depuis ce triste fait divers, l'athlète se remet tranquillement sur pied. A l'occasion d'un entretien accordé à VSD, Pierre-Ambroise Bosse a confié au magazine hebdomadaire une photo de son visage après l'agression.

"PAB" est méconnaissable, le visage en sang et la mâchoire complètement déformée à cause d'une double fracture faciale. « Je veux tourner la page de ce passage à tabac odieux et injuste. Je veux aussi que les gens sachent et voient ce qui m'est arrivé, c'est pourquoi j'ai voulu que VSD diffuse ces photos. »

L'enquête pour déterminer les circonstances de cette agression se poursuit. Un individu a été interpellé et mis en examen pour "violences en réunion".

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<![CDATA[Les supporters de Cologne ont foutu un beau boxon à Londres]]>https://sports.vice.com/fr/article/yw3gky/les-supporters-de-cologne-ont-foutu-un-beau-boxon-a-londresFri, 15 Sep 2017 08:19:38 +000025 ans qu'ils n'avaient plus connu de compétition européenne. Jeudi, les supporters du FC Cologne renouaient avec l'Europa League à l'occasion d'un déplacement à Londres contre Arsenal. Autant dire qu'ils tenaient à marquer le coup et qu'ils n'ont pas déçu.

Alors qu'ils n'avaient que 2 900 places attribuées à l'Emirates, les Allemands ont débarqué à 20 000 dans les rues de Londres. Un cortège impressionnant. Face à cette armée, les bobbies anglais ont commencé à prendre peur et ont bloqué l'accès au stade pour éviter tout débordement. Une manoeuvre qui n'a pas vraiment plu aux fans allemands, qui ont pressé et poussé pour briser le cordon policier. Bilan de l'opération : cinq interpellations pour suspicion de trouble à l'ordre public et une belle panique aux abords de l'Emirates.

Le coup d'envoi a dû être décalé d'une heure pour s'assurer que seuls les supporters munis d'un ticket entraient dans le stade et que la situation revenait bien à la normale, ce qui a fait craindre l'annulation pure et simple du match. De nombreux fans de Cologne ont racheté leurs billets à prix d'or aux supporters des Gunners, ce qui a renversé le rapport de force en tribunes lors de la rencontre. Les chants allemands ont largement couvert les encouragements anglais, ce qui n'a pas empêché Arsenal de s'imposer 3-1.

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<![CDATA[Avec les Héraultais qui frappent la balle à coup de tambourin]]>https://sports.vice.com/fr/article/7xxe4y/avec-les-heraultais-qui-frappent-la-balle-a-coup-de-tambourinFri, 15 Sep 2017 07:33:42 +0000J'ai entendu parler du jeu de balle au tambourin pour la première fois il y a deux ans. Un Marseillais que je transportais jusqu'à Sète m'a expliqué qu'il faisait le déplacement pour participer à un match d'un sport local. J'ai forcément pensé aux joutes, ces tournois navals impressionnants qui ameutent la foule sur les quais des canaux de Sète chaque été. « Non, c'est du tambourin. Moi, je viens de Plan de Campagne (non loin de Marseille, ndlr ). Un jour, à un salon du sport, j'ai vu une démonstration et ça m'a beaucoup plu, alors je m'y suis mis. T'as qu'à passer ce soir, comme ça tu verras. »

Quand je suis arrivé, il faisait nuit. Des projecteurs éclairaient une surface en sable clair. Quelques compagnes de joueurs patientaient en silence. Du fond du terrain, un homme au tambourin différent des autres servait sur ses adversaires, à demi-tétanisés par la vitesse de la balle. C'était juste un match sans enjeu un soir de semaine.

Rien à voir, donc, avec cette finale de Coupe de France organisée sur le terrain Joseph Géniès de la commune de Cournonsec, dans l'Hérault. Dûment indiqué sur les panneaux de signalisation du village, placé à dix mètres de la Mairie (34, rue du jeu de tambourin) et en contrebas du quartier des Hauts du Tambourin, le stade fait bien état de la place qu'occupe la discipline dans la région.

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<![CDATA[JO : les riders en skate de sens]]>https://sports.vice.com/fr/article/evpdnn/jo-les-riders-en-skate-de-sensThu, 14 Sep 2017 14:42:21 +0000 VICTOR PELLEGRIN, skater militant

«C'est la pire chose qui puisse arriver au skateboard»

VICE Sports : Le skate aux Jeux olympiques, ça t'inspire quoi ?
Victor Pellerin : Je te préviens je suis un peu radical. Mais genre vraiment radical. Je trouve que c'est la pire chose qui puisse arriver au skateboard. Le skate, c'est la liberté. Alors accepter de pratiquer dans un skatepark, c'est mort, c'est la fin. Parler du skate comme d'un sport aussi, c'est débile. Ce n'est pas un sport, comme on n'est pas des athlètes. Je ne fais pas du skate pour être riche et célèbre mais pour faire le con et m'amuser. Et puis qui peut me juger sur un run de 45 secondes alors que j'ai dédié ma vie entière au skate ? On n'en a rien à foutre d'aller dans un stadium de merde avec des anneaux sur le dos. Tu nous vois débarquer la main sur le cœur en chantant la Marseillaise ? On perd le core du skate et maintenant on est entourés de Jean-Michel qui poussent de la fonte pour faire du skate. Il ne faut pas oublier qu'on fait ça pour s'amuser, pas pour faire du fric.

Vincent, 20 ans, skateur landais habitant à Saint-Martin, a traîné sa planche au CPH de Copenhague, à la World Cup et à la Street. Photo via Facebook.

Tu ressens le changement d'état d'esprit dans le skate depuis longtemps ?
Il y a 10 ans, tout le monde s'en foutait des skateurs, on était vu comme des junkies. Aujourd'hui c'est bien différent, mais ce qui est dommage c'est qu'il y a des gens qui sont dans le skate seulement pour faire du business alors qu'ils n'ont rien à y faire. C'est moche. Mais ce qui est cool c'est qu'on voit que les mairies investissent davantage. Moi je viens de Saint-Martin, un tout petit bled et il y a un super skatepark, ça montre que les mentalités ont changé. On peut également avoir des aides des certaines marques qui collent à notre esprit et c'est cool Il ne faut pas oublier que la plupart des skateurs galèrent pour vivre de leur passion.

Comment tu vois l'avenir de ton sport en 2024 ?
Il faut faire attention à ne pas déformer le skate et changer ce qu'il est. Les jeunes ne doivent pas se mettre au skate pour faire les Jeux olympiques ou des compétitions. A la base, le skate est fait pour s'amuser entre potes.

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evpdnnLouis Dabir et Barthélémy GaillardLouis DabirInterview