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Le bon, le mauvais et le bizarre des histoires entre les sportifs et leurs idoles

Avez-vous déjà entendu l'histoire du footballeur qui a rencontré son idole d'enfance, puis a volé sa femme avant de se faire tatouer les visages des enfants de son, désormais, ex-idole ?

VICE Sports

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Cet article fait partie du programme e-Generation, réalisé en partenariat avec Renault.

Une idole. Tout le monde en a une. Mais tout le monde n'en est pas une. On n'est pas des devins chez VICE Sports et il nous est donc difficile d'expliquer pourquoi un sportif devient une idole aux yeux du public. Mais on peut supposer que les effets de la télévision et la malléabilité de l'esprit sont des facteurs qui peuvent inciter notre cerveau à admirer ou imiter certains sportifs. Ce qui est bien avec l'idolâtrie, c'est qu'il est possible de rejoindre nos idoles dans l'arène sportive.

A travers les années, des sportifs ont atteint le pinacle du sport. Certains ont dépassé leurs idoles et d'autres les ont même affrontées. Le sport est chargé d'histoires fascinantes à ce sujet : des idoles devenues des rivaux, des idoles devenues des ennemis et, de temps en temps, des idoles devenues des amis.

Prenez par exemple Lionel Messi qui doit se souvenir vaguement que deux joueurs de foot sont ses idoles : en 2002 il déclarait que Pablo Aimar était « le joueur qu'il avait le plus regardé », mais cette année il a rappelé que le Brésilien Ronaldo était le joueur « le plus talentueux » qu'il n'avait jamais vu. Le joueur du FC Barcelone est soit un fin utilisateur des mots ou bien sa mémoire lui joue des tours. Mais nous ne sommes pas des spécialistes de la sémantique.

Messi et Aimar ont joué l'un contre l'autre une seule fois, en 2012, lors d'une victoire du FC Barcelone face au Benfica Lisbonne. Mais affronter son idole peut vraiment provoquer des effets incroyables : à la fin de la rencontre, Messi s'est dirigé tout béat vers Aimar. Il avait du mal à y croire. Il est très rare de voir le meilleur footballeur du monde égaré à ce point. Telle est la puissance d'une admiration née durant l'enfance. Peu importe ce qu'a réalisé Messi en comparaison à Aimar, mais il a encore, sans doute, on imagine, une housse de couette à l'effigie de Pablo Aimar.

Parfois, la rencontre entre un sportif et son idole se passe très bien, mais d'autres fois, le sportif qui rencontre son héros d'enfance se rend compte qu'il est une merde. Ou peut-être que l'idole découvre que son admirateur est une merde. Ça peut arriver.

Deux footballeurs argentins (pourquoi toujours eux ?) ont récemment été impliqués dans un triangle amoureux. Mauro Icardi, attaquant de l'Inter Milan, a couché avec la femme de Maxi Lopez, l'actrice Wanda Nara. C'est une longue histoire, un mélange, peut-être trop habituel, de football, de chagrin et d'adultère. Même s'ils ne sont pas de la même génération, Lopez et Icardi se sont croisés deux fois et le second a éprouvé une certaine forme d'admiration pour le premier. Ils se sont rencontrés à Barcelone, quand Lopez était en équipe première et Icardi encore un newbie, puis de nouveau à la Sampdoria lorsque Lopez était arrivé à Gênes en prêt. Les deux joueurs sont rapidement devenus amis. Maxi Lopez a souvent conseillé le jeune Icardi sur et en dehors du terrain. Finalement, Lopez et Nara ont rompu et Mauro s'est emparé du cœur de la belle. De cette histoire est née une expression populaire en Italie : « Se tua moglie torna a casa tardi, se la bomba Mauro Icardi ». On vous laisse chercher ce que ça veut dire.

Aujourd'hui, Icardi joue à l'Inter Milan et Lopez au Torino. A chaque fois que les deux jouent l'un contre l'autre, la presse italienne s'amuse à dire que c'est le « derby de Wanda ». Et les deux joueurs ne se serrent pas la main, c'est triste. Maxi Lopez a même été expulsé pour un tacle sur Icardi. Et puis ce dernier a les trois enfants de Lopez tatoués sur son bras (c'est normal de faire ça ?) donc bon.

Les sportifs et les enfants ne sont pas si différents. Les deux sont, comme nous le savons tous, capables de prendre des décisions vraiment, vraiment bizarres. Vous pensez qu'il n'y a aucun point commun entre l'avant-centre de Liverpool Daniel Sturridge et le catcheur Mark William Calaway, alias The Undertaker, le mec avec qui certains ont grandi en regardant a télé ? Eh bien vous avez tort. L'idole de Sturridge durant son enfance n'était autre que le "Master of pain" lui-même. Et pas Thierry Henry, l'attaquant-vedette du club dans lequel jouait Sturridge à cet âge-là, Arsenal.

Quittons les champs fertiles du football pour le monde de l'automobile. Ayrton Senna plane sur sa discipline comme un père bienveillant, avec sa belle gueule, et a inspiré de nombreux jeunes pilotes de kart. Le champion de Formule 1 Lewis Hamilton sursaute à chaque fois que l'on mentionne Ayrton Senna, comme s'il avait grandi aux côtés du pilote brésilien. Le rayonnement de Senna est puissant, y compris chez les Brésiliens telles que les stars de la Formule 1 Felipe Massa et le pilote de Formula E Lucas di Grassi. Cependant, tous les Brésiliens ne sont pas des amoureux de Senna. Nelson Piquet Jr idolâtrait un autre champion de Formule 1 : son père Nelson Sr. On pourrait penser qu'avoir un père champion de F1 suffit à s'assurer le statut de héros d'enfance auprès de son fils, mais ce n'est pas toujours le cas.

Lewis Hamilton et son casque en l'honneur d'Ayrton Senna.

Le pilote de Formula E Nicolas est le fils de la légende de la Formule 1 Alain Prost, mais son idole d'enfance est pour le moins surprenante. « L'enfance est une période assez longue. Votre père est votre héros qui que vous soyez et quoi qu'il fasse. Vous copiez votre père naturellement. Mais si je devais nommer une idole de mon enfance, ce serait le skieur italien Alberto Tomba. J'ai aimé son personnage, la façon dont il s'arrache tout le temps, son style. Je l'ai rencontré deux fois aussi. C'est un mec super gentil. Le ski était très important pour moi entre 7 et 14 ans et je voulais être comme Tomba ».

L'incomparable succès de Michael Schumacher en Formule 1 a inspiré, un temps, Sebastian Vettel. Schumi a rencontré pour la première fois Vettel en 1994 et peu après, Vettel a remporté une compétition de karting loin de sa ville natale de Heppenheim. Sans aucun doute, cette rencontre avec la future légende de la discipline (Schumi a remporté 7 championnats et 91 courses) a allumé la flamme chez le jeune Sebastian. Schumi est alors devenu le mentor de Vettel – le conseillant sur les choix à faire pour devenir une superstar. Ce n'est peut-être pas un hasard non plus que le retour de Schumacher sur les pistes en 2010 coïncide avec la montée en puissance de Vettel et le début de sa domination (il a remporté trois championnats dès lors que Schumi est revenu). Il semblait alors écrit que Vettel quitte Red Bull pour rejoindre Ferrari, une écurie indissociable de son aîné allemand.

« C'est difficile si vous aimez plusieurs sports, ajoute Nicolas Prost. J'ai d'abord aimé le football, ensuite le ski, puis le golf. Mais j'ai toujours admiré Fernando Alonso. C'est un pilote fantastique, mais pas une idole ».

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Revenons aux idoles devenues des rivaux. Car ce n'est pas encore fini. Cette année, le championnat du monde de MotoGP a été le théâtre d'une énorme lutte entre le légendaire Valentino Rossi, revenu sur scène en 2014, et deux jeunes pilotes, Jorge Lorenzo et Marc Marquez. Les deux pilotes espagnols ont admiré Rossi quand ils étaient jeunes, mais ils se sont retrouvés à la lutte avec l'Italien pour le titre suprême. Il est rare qu'une idole de jeunesse, une vraie légende de votre sport, se retrouve être un concurrent direct, encore plus quand cela concerne deux pilotes.

Dans sa jeunesse, Marquez collectionnait des jouets à l'effigie de Rossi et l'a récemment désigné comme sa « référence ». Mais lors du Grand Prix de Malaisie à Sepang, Rossi et Marquez se sont livrés une lutte féroce et spectaculaire.

Marquez a accusé Rossi de l'avoir fait chuter et Rossi a déclaré que Marquez était en train de conspirer avec Lorenzo pour lui faire perdre le championnat. Il y a de fortes chances qu'ils ne passent pas Noël à la même table.

Un autre exemple amusant où une idole est devenue rivale s'est produit cette année à Wimbledon, où Heather Watson était à deux doigts de battre Serena Williams. Elle a fait preuve de courage face à son modèle. Cependant, Serena fait partie de ces sportifs qui ont tellement marqué l'histoire de leur sport qu'elle affronte régulièrement des jeunes joueuses qui l'ont idolâtrée.

« Si mes enfants me disent demain qu'ils sont fans de Federer ou de Nadal, je serais très fier, ajoute Prost. Ce sont deux gars incroyables. Quand je les regarde jouer, je ne sais pas qui encourager. Federer est technique, fin dans son jeu. Il est fantastique. La rage de vaincre de Nadal est toute aussi incroyable. Il est mentalement très fort. Ils sont tous les deux des sportifs qui suscitent l'inspiration et l'admiration ».

Le sport nous réserve de belles histoires humaines. Comme ce moment merveilleux, en 1996, quand Eidur Gudjohnsen, pour ses débuts en équipe nationale, a remplacé son père Arnor. Une première et sans doute une dernière.

Que faut-il retenir de tout cela ? Que tout le monde peut être l'idole de quelqu'un. Des légendes, des grands sportifs ou même votre père.